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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 09:21
Passages à l'acte - number 8 On a tous eu envie, sur un coup de tête, un coup de nerfs, de « péter les plombs », laisser déborder cette énergie dévastatrice qui nous laissera vidés, nus, presque sans vie. Rares sont ceux qui franchissent le cap et passent à l’acte. Voici, en fiction, les témoignages et autres aveux que vos cerveaux m'ont livrés ! Passage à l'acte number 8 Les voies sur berge à Paris sont désormais piétonnes. Pour mon plus grand bonheur, il est possible de vivre en ville et de pouvoir courir au bord de l'eau sans risquer de se faire renverser par une voiture. Les seules autorisées sont celles des agents de sécurité de la mairie de Paris. Parce qu'il faut bien protéger les coureurs, cyclistes, poussetistes, des éventuels voyous qui errent, à l'affût d'un sac à détrousser ! Quelle noble attention, vraiment ! D'ailleurs, en ce beau matin d'été, on sent toute l'osmose entre la population et ces vaillants chevaliers : ils saluent les passants qui passent, sourient aux enfants qui piaillent et discutent ardemment avec les commerçants qui commercent. Je passe à côté d'eux et l'un de ces croisés des berges me salue bien bas et m'applaudit : bravo de courir par ce temps il fait si chaud n'oubliez pas de boire ! me lance-t-il. Bon ok il en fait un peu trop mais je souris de manière indulgente, c'est tellement bon de se sentir en famille. Je parcours quelques centaines de mètres et me sens observée. Je me retourne : la voiture des croisés s'est mise en route et me suit, roulant au pas. Mon "coach" me fait de grands signes d'encouragement par la fenêtre. Chouette, une voiture-balai pour moi toute seule ! Sic. C'est que, justement, j'aimerais bien les éviter, moi, les voitures ! Je fais mine de rien et continue à courir mais rien n'y fait, la voiture ne me dépasse pas et il commence même à jouer de l'avertisseur. Charmant. Ça fait rire les rares promeneurs. Mais pas trop. Un sentiment d'insécurité face à une voiture de sécurité, un comble ! J'accélère un peu, il s'adapte à mon rythme à grands renforts d'encouragements. Je m'arrête pour boire, la voiture s'arrête et il s'exclame "bravo ! Primordial de boire et de se rafraîchir ! L'eau c'est la vie !" Je t'en foutrais moi des leaucestlavie ! La paix c'est la vie, oui ! Il m'interpelle de nouveau : "Vous êtes vraiment courageuse !" Je rétorque : "C'est pas votre cas avec la voiture !" Il ne fait ni une ni deux et descend de son carrosse en s'exclamant que j'ai tout à fait raison et... Qu'il va m'accompagner à pied. Je me mets à courir mais il tient le rythme et continue à m'abreuver de ses encouragements jusqu'à plus soif ! Au lieu de le distancer l'inspiration me vient, au contraire, de le laisser courir à mes côtés. Il en profite évidemment pour me coller et me tient même la taille pour me pousser. C'en est trop pour moi, je décide d'en finir : "Venez , courons plus au bord il y aura moins de monde ! Je cours désormais à l'extrémité de la berge, la Seine est là, toute proche. Le croisé me suit avec docilité. "Vous placez mal vos hanches laissez-moi vous montrer" A mon tour je lui entoure la taille et lui dis de regarder comment il faut faire. Hypnotisé par ma voix il ne décèle que trop tard la petite impulsion que je viens de donner vers la droite. Il dérape, je le lâche et regarde, comme au ralenti, l'expression de surprise se dessiner sur son visage tandis qu'il réalise qu'il va plonger. Je vois l'eau l'engloutir, son effort pour remonter à la surface, son visage tordu de colère et lui lance : "l'eau c'est la vie !" Avant de reprendre ma course : j'ai un footing à terminer et je n'oublierai pas de me re-hydrater régulièrement.

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Published by Thael Boost
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