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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 09:30

On a tous eu envie, sur un coup de tête, un coup de nerfs, de « péter les plombs », laisser déborder cette énergie dévastatrice qui nous laissera vidés, nus, presque sans vie.

Rares sont ceux qui franchissent le cap et passent à l’acte.

Voici, en fiction, les témoignages et autres aveux que m'ont livrés vos cerveaux !

Passage à l'acte number four

La politesse n'a pas d'âge

 

Je viens encore d’en avoir la preuve : il y a des vieux qui sont nés cons et mal élevés, et l’âge n’arrange rien ! Pas de bonne excuse qui tienne comme quoi vieillir rend imbécile ! Non ! Cela ne fait qu’empirer un phénomène déjà bien présent.

 

Un midi, j’étais tranquillement attablée avec une amie, à l'abri d'une terrasse chauffée, sirotant un thé et babillant aimablement avec elle. Comme il est bon cet instant d’après déjeuner, suspendu dans le temps, ni travail ni repos, juste une pause.

 

La table juste à côté était libre et celle du bout venait de se libérer, après une longue occupation à en juger par le cendrier, largement surchargé de mégots !

D’où nous étions assises, nous pouvions en sentir les relents pas très agréables ! Enfin, la serveuse viendrait bientôt le vider, espérions-nous ! (Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, là, hein ? Quoi un cendrier plein au resto ??)

 

Un couple arrive, la soixantaine hautaine, pas un regard, pas un bonjour, pas un signe de tête. L’ignorance la plus totale. Ils s’installent au bout de la table de 6 à laquelle nous sommes assises. Au moins, une table nous sépare, pas la peine d’être trop près de ce genre d’énergumènes. Nous échangeons un regard chargé de sens avec mon amie : l’âge ne dispense pas des bonnes manières à ce que l’on sache !

Nous reprenons notre babillage, bien décidées à ne pas rompre le charme de cet instant de tranquillité.

Le couple se dispute un peu bruyamment sur le menu.

Elle : et ton cholestérol ?

Lui : quoi mon cholestérol ?

Elle : ben oui ton cholestérol ?

Lui : ben quoi mon cholestérol ?

Elle : ne fais pas l’imbécile qui ne comprend rien !

Lui : mon cholestérol, je l’emmerde ! Et toi avec !

 

Charmant, ce petit couple ! ça donne envie d’arriver célibataire à cet âge ! 30 ans de mariage, ça laisse trop de traces !

L’œillade que nous échangeons avec mon amie est cette fois-ci chargée d’agacement. Ils auraient pu choisir un autre jour pour venir manger ici. Heureusement, la table qui nous sépare est comme un havre de paix, leurs ondes mesquines et désagréables ne nous atteindront pas, foi… de morues !

 

Lui porte un cigare à sa bouche. Manquait plus que ça ! Et la serveuse qui n’est toujours pas venue débarrasser le cendrier, bonjour les bonnes odeurs… Mais son geste reste suspendu au regard meurtrier qu’Elle lui jette !

Apparemment, au bout du mariage, une chose sûre et certaine guette ces messieurs : l’abstinence et pas simplement sexuelle ! Même si l’odeur du tabac nous gêne, notre soulagement est teinté d’une légère forme de pitié pour Monsieur.

Elle, cachée derrière son masque de froideur et de dédain, nous est de plus en plus antipathique. Quelle mégère ! C’est plus fort qu’Elle, le silence ne dure pas longtemps, il faut qu’Elle tire à vue !

Elle : ce n’est pas bon pour toi de fumer !

Lui : c’est surtout toi que ça gêne !

Elle : c’est d’un vulgaire de fumer en public !

Elle nous jette au passage un regard appuyé… Non mais pour qui se prend-elle ? Qu’elle pollue la vie du Monsieur qui l’a malencontreusement choisie, un soir de cuite, ce n’est pas possible autrement, passe encore ! Mais qu’elle nous regarde ainsi, nous, alors que nous ne fumons pas, c’est un peu un comble !

Garde tes ondes, vieille pie ! lui lance-je mentalement.

Comme si elle m’avait entendue, elle me regarde de façon plus appuyée encore, puis détourne le regard. Je pense avoir gagné ! Je l’ai eue cette méchante punaise. Je lance un regard amusé à mon amie, pas besoin de paroles pour se comprendre ! La jeunesse et le bon droit ont triomphé.

C’est là qu’Elle signe son arrêt de mort :

Elle : ah ces jeunes…

On entend les points de suspension ! Elle les prononce clairement et à notre intention en plus !

Lui : quoi les jeunes ?

Elle : toujours en train de fumer !

Lui : pourquoi dis-tu ça, personne ne fume ici ?

Elle : et ça c’est quoi ?

« Ça » désigne le cendrier fort rempli que la serveuse n’a toujours pas daigné débarrasser ! Elle le saisit et le déplace de façon ostentatoire vers mon bras en grognant :

Elle : quelle odeur, c’est insupportable !

Mon amie décide d'intervenir : oui c’est insupportable cette odeur !

Elle : ce n’est vraiment pas bon de fumer !

Mon amie : nous ne fumons ni l’une ni l’autre

Elle : ah ??

Mon amie : aussi, je vous serais infiniment reconnaissante de placer ce cendrier ailleurs, s’il vous plait

Le ton froid ne présage rien de bon, mais ça, Elle ne peut pas le deviner.

Je me souviens d’une fois où, dans un pub, elle avait envoyé promener un homme, il faut dire un peu collant et un peu saoulant, d’une façon tellement autoritaire que j’en étais restée sans voix. Je suis entre de bonnes mains pour moucher cette voisine indésirée )

Elle : mais ce n’est pas mon cendrier !

Mon amie : le mien non plus et vous venez de le déplacer sur ma table, ce qui est très incorrect, vous en conviendrez ?

Oh la la, je sens que ça va être la fête de Elle dans un court instant…

Elle : mais non, n’allez pas me dire que cela vous gêne, ce cendrier était là avant que nous arrivions

Mon amie : il était effectivement très bien où il était, mais placé juste sous mon nez, cela devient très incommodant !

Elle : eh bien, allez donc le remettre à sa place !

 

Aie ! Tu n’aurais jamais dû dire cela, madame !!

Mon amie saisit le cendrier, se lève, approche lentement de la vieille qui la regarde hautainement, persuadée que mon amie va baisser les armes avant elle… Qui s’y frotte s’y pique…

Mon amie lui demande une dernière fois : vous voulez vraiment que je remette ce cendrier et son contenu à sa place ?

Elle : allez-y, ne vous gênez pas !

Mon amie : très bien…

Et lentement, elle retourne le cendrier dont le contenu se déverse sur la magnifique mise en plis de notre charmante voisine.

Puis, d’un pas lent, elle retourne tranquillement s’asseoir en face de moi et me demande d’un ton badin :

tu as vu la météo pour ce week-end ?

Ah non ! Ils annoncent du beau temps ?

Je suis décidément bien contente d’être son amie…

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Published by Thael Boost
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commentaires

chabada 22/03/2012 22:30

Comme les copains, j'aime bien !
Bravo !
Je sens que l'on va être tenté de passer à l'action pour finir...

psyblog 19/03/2012 16:37

Entre ce que l'on ferait bien et ce que l'on fait vraiment !!!
Effectivement, l'impolitesse n'a pas d'age...

Melle KTS 19/03/2012 13:52

Ah ah !!!!!!!!!!!
J'adOOOOOOOOOOOre !!