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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 12:53

On a tous eu envie, sur un coup de tête, un coup de nerfs, de « péter les plombs », laisser déborder cette énergie dévastatrice qui nous laissera vidés, nus, presque sans vie.
Rares sont ceux qui franchissent le cap et passent à l’acte.
Voici, en fiction, les témoignages et autres aveux que m'ont livrés vos cerveaux ! Ou peut-être est-ce juste le mien ? :)

Passage à l'acte number five
C'est la rentrée des classes

 

C’était la première année d’école de mon tout petit. Rentrée importante pour lui comme pour moi. Je souhaitais mettre toutes les chances de son côté pour que cela se passe bien et l’avais donc inscrit dans l’école la plus proche de chez nous pour qu’il n’ait pas un trajet important le matin et puisse se lever le plus tard possible.

La veille de la rentrée, patatra, on m’annonce qu’il n’y a pas de place dans cette école et qu’il devra donc en fréquenter une autre un peu plus loin.

Cette contrariété face au chamboulement dans mes plans était redoublée par celle de mon tout petit, à qui il allait falloir expliquer le changement de programme. Nos enfants ont parfois des habitudes de petits vieux, difficiles à changer !

Nous fîmes donc la rentrée tant bien que mal dans la deuxième école, lui un peu perturbé de se retrouver face à tant d’enfants à la fois, moi un peu attendrie de voir mon petit devenir moins petit !

Deux jours après, roulement de tambour, suspense, la mairie m’appelle pour me prévenir que, finalement, mon tout petit pourra faire sa rentrée dès le lundi suivant, dans la première école que j’avais choisie.

Toute contente, je lui annonce donc le vendredi que dès le lundi suivant il ira dans sa nouvelle école. J’essuie quelques pleurs parce que, entre deux, il commençait à s’habituer à l’autre, et le lundi arrive, avec de nouveau le beau mélange d’enthousiasme et de peur au ventre de la rentrée scolaire. C'est sa deuxième rentrée scolaire en 3 jours, il faut dire !

Nous nous présentons dans le bureau de la Directrice de l’école, à 8h15 pétantes, comme demandé par la mairie, et sommes accueillis par un réjouissant :

- Qu’est ce que je peux faire pour vous ???


Allons bon, une bourrue ? Qu’à cela ne tienne, je lui explique bien poliment que mon fiston va faire sa deuxième rentrée scolaire chez elle, et que la mairie m’a appelée vendredi en m’invitant à me présenter à l’école ce matin.

- Je ne suis pas au courant ?

Comment cela ?

Bon, je m’efforce d’appliquer la règle d’or : si tu es énervée, tu souffles, tu souffles. Alors je souffle ! Elle prend ma respiration pour un soupir d’agacement et me lance :

- J’y suis pour rien, moi, si la mairie ne fait pas son travail correctement !

- Qu’est ce que vous entendez par là ? Pouvez vous m’expliquer ce qui se passe ?

Je veux bien être compréhensive et souffler souffller, mais les problèmes entre une directrice d’école et la mairie, ça me passe un peu au dessus de la tête à l’heure actuelle. Ce qui m’intéresse moi, c’est de réussir la deuxième rentrée de mon petit.

- Ils ne vous ont pas prévenue ?

- Prévenue de quoi ? Si ! Ils m’ont dit de me présenter ici, lundi à 8h15. Nous sommes lundi, il est 8h20, me voilà donc !

- Le papier, ils ne vous l’ont pas donné ?

- Quel papier ? Cela me parait difficile par téléphone…

 

Elle m’écoute ou quoi ?

- Eh bien, ils auraient du vous donner le formulaire d’admission.

- Je ne sais pas, ils m’ont dit que vous auriez toutes les informations utiles.

- Ils se sont trompés.

 

Elle fait visiblement un blocage sur la mairie, et moi sur la réussite de la rentrée de mon fiston alors si l’une de nous ne fait pas un petit effort, rien ne va se passer ! Je souffle souffle souffle et lui propose d’un ton conciliant :

- Nous pouvons certainement les appeler pour que vous puissiez vérifier les informations dont vous avez besoin ?

- Non, je ne travaille pas par téléphone, j’ai besoin de l’autorisation de l’Académie

Il ne manquait plus que ça !

 

Je n’ai aucune idée de ce dont elle parle, mais j’avise un fax-copieur à l’entrée de son bureau et une idée lumineuse me vient !

- Appelons l’Académie et s’il vous manque un papier, ils pourront certainement vous le faxer ?

Mon fiston en profite, comme mu par une réception télépathique, pour s’approcher du-dit appareil..

- Non non, tu ne touches pas !

 

Non mais comment elle parle à mon fils, celle-là ?? S’il te plait ça t’arracherait ??? Non mais !!! Souffle souffle souffle ! Bon, restons calmes.

- Alors ? Encourage-je la directrice d’une œillade vers le fax.

- Non, leurs services n’ouvrent qu’à 9h30. Vous devrez revenir demain. Désolée, mais ce n’est pas à moi de gérer cela.

Ben voyons, Ponce Pilate incarné en directrice d’école « Je m’en lave les mains ».

J’ai beau souffler souffler souffler je ressemble plutôt à un taureau dans l’arène, à qui on vient de piquer les fesses !

- Ecoutez, Madame, il a fallu que j’explique à mon fils qu’il ne viendrait pas dans cette école. Il a fait sa rentrée dans une autre école et j’ai dû ensuite lui expliquer que finalement, il pourrait venir chez vous. Alors, si ce matin, je dois repartir parce que des adultes n’ont pas fait leur travail, ça me parait désolant. Un petit ne devrait pas subir les conséquences d’erreurs des plus grands, vous ne trouvez pas ?

J’en appelle à sa fibre maternelle. Pourvu qu’elle ait des enfants, pourvu qu’elle ait des enfants.

- Je sais mais je ne peux pas faire autrement.

 

Verdict : célibataire. Endurcie. Mal b… va !!!

 

Je ne souffle souffle plus là, j’éructe, je fulmine, j’enrage. Mes yeux se posent sur le copieur, il semble me faire du charme, m’appeler. Je la saisis par le bras, soulève le capot, lui colle la tête contre la vitre et appuie sur la touche verte.

- Mais enfin, qu’est ce que vous faites ??? hurle-t-elle, tandis que le copieur immortalise son profil écrasé.

Lorsque la copie sort sur le côté, je relâche mon étreinte, saisis la feuille et la punaise sur son tableau d’affichage. Tout en plantant la punaise en plein sur le nez de la photo, je la regarde et lui lance :

- Si demain, mon enfant n’est pas scolarisé, la punaise ira sur l’original. Entendu ?

Elle hoche la tête silencieusement. Je prends mon petit par la main et sors très dignement :

- Au revoir, à demain. Tu dis au revoir aussi mon chéri ?

- Au revoir madame

- C’est bien mon chéri. C’est important la politesse de nos jours. Alors à demain, hein ? Je compte sur vous….

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Published by Thael Boost
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commentaires

cicatrice 25/03/2012 18:51

Je pense que c'est très bien comme ça ! Vu qu'il s'était déjà habitué à sa première école, et que surtout s'il avait intégré la seconde il aurait eu une dirlo inbitable, qui peut-être même l'aurait
pris en grippe !
Le Destin fait bien les choses, parfois ;-)
Bises

chabada 24/03/2012 17:53

N'importe quoi !!!
Pourtant, il me semblait que même si la carte scolaire évoluait, cela n'avait pas de conséquence pour les élèves déjà scolarisés dans une école ?
Ce n'est pas le cas chez vous ?
Une chance qu'il n'en ait pas gardé de séquelles, mais quand même !
Bon we, des bises.

Thael Boost 23/03/2012 10:27

Oui, j'ai eu à gérer sa triple rentrée : 3 jours dans une école, rentrée ratée dans la 2ème école, retour à la première école le temps que la directrice daigne traiter son courrier et finalement
scolarisation dans la 2ème école jusqu'à... l'année d'après où la carte scolaire a changé et il est reparti dans la première lol Je te rassure, il n'en porte pas de stigmates :))

chabada 22/03/2012 22:36

Thaël... quelle imagination !
Bises
Ps : tu as vraiment eu ce genre de soucis pénibles à gérer lors de l'entrée à l'école de ton fils ?