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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 00:45

On a tous eu envie, sur un coup de tête, un coup de nerfs, de « péter les plombs », laisser déborder cette énergie dévastatrice qui nous laissera vidés, nus, presque sans vie.



Rares sont ceux qui franchissent le cap et passent à l’acte.



Voici, en fiction, les témoignages et autres aveux que vos cerveaux m'ont livrés !

Passage à l'acte number 11

les Mamelles de l'Humanité

Ses seins sont gonflés à bloc.
Elle est passée d'un déjà imposant 90D à un impressionnant 100E.
La grossesse la remplit de bonheur.
Le lait la remplit d'horreur. Horreur pour son corps qui lui échappe.
Elle aime plus que tout les rondeurs de ce ventre qui n'en finit plus de pousser.
Mais elle rejette ce lait qui transforme la poitrine qui l'embarrasse en pur garde-manger.
Déjà mère avant même d'avoir accouché, elle exercre ce signe ostentatoire de son état de femelle. Elle revendique avoir le choix de ne pas faire office de sandwich à bébé.
Oui la Nature l'a faite avec des seins. Oui elle en a de gros qui plus est.
Oui beaucoup d'hommes et de femmes autour d'elle l'incitent à allaiter.
Oui c'est meilleur pour la santé du bébé la sienne et celle du Papa qui travaille, le pooovre.
Ces injonctions la mettent mal à l'aise. Elle voudrait hurler que non, elle n'allaitera pas. Elle préfère se taire et faire profil bas.
Le poids de la masse bien pensante écrase sa volonté de s'affirmer.
Mais elle construit sa résistance silencieuse. Se renseigne sur le lait infantile. Cherche de l'information aussi sur comment faire stopper les montées de lait. Reste bredouille. Certains sujets rendent plus prolixes que d'autres. Celui-ci ne fait clairement pas partie des priorités du Corps médical. Corps qui ne cesse de la harceler avec ses consentements éclairés. 
Elle a signé tant de décharges éclairées qu'elle se sent comme un ciel d'été orageux, chargé à bloc. Et pas que des seins. Elle est informée que la péridurale peut ne pas fonctionner, la laisser invalide, présenter des séquelles. Qu'on la laisse risquer sa vie en paix.
Le consentement éclairé n'a curieusement rien dit cependant de l'episiotomie. Elle ne le sait pas encore mais la balafre de 17 points lui laissera la délicate sensation d'un trou de balle en chou fleur, rendant tout passage aux toilettes un supplice pendant de longs mois.
Tout ceci n'est rien, direz-vous. Au pire elle se tapera un petit baby blues de rien du tout. On en a vu d'autres. Les femmes, c'était moins des chochottes avant.
Elle puise dans l'amour maternel à venir, dans la présence bien réelle du petit qui pousse en elle et dans les hormones super puissantes l'énergie nécessaire pour écraser ce désespoir et cette solitude.
Et contemple avec résignation ces 2 excroissances qui l'encombrent tandis que son entourage masculin la trouve "radieuse".
L'un d'eux, en particulier. Fraîchement arrivé sur le marché du célibat, il trimballe sa tristesse de jeune largué comme arme de séduction massive.
Elle a rapidement repéré son petit jeu. Il sait qu'elle n'est pas disponible, dans tous les sens du terme. Il se contente de reluquer ses miches tout en draguant ses copines.
Il en est à la 3eme.
Persuadé que "ca ne se voit pas".
Pour la 3eme fois il a "invité" une de ses copines à dîner pour finalement se faire payer le repas. Il a joué les largués éplorés sur l'air de "moi j'aurais tant aimé qu'elle continue à m'aimer. J'ai tant d'amour à donner..."
Dans les points de suspension, elle lit désormais "et de linge à laver et ma vie d'artiste maudit à entretenir" là où les 3 écervelées ont voulu lire la possibilité d'une histoire d'amour.
N'empêche qu'il s'est tapé ses 3 copines et qu'il revient vers elle, la maternelle, surtout après la naissance, pour venir encore et encore se faire plaindre. Et reluquer ses seins qui aspirent à être aspirés !
Elle n'en peut plus de tout ce lait. Le gynécologue lui a demandé de se décider : allaitement ou pas allaitement ? Si pas allaitement je vous mets tout de suite sous traitement, faut vous décider ma petite dame. A 120€ la séance, je n'ai pas de 1/4 d'heure à perdre.
Alors elle a tu son désir et dit qu'elle allait allaiter. Elle pourrait prendre l'ordonnance et ne pas prendre les médicaments mais le poids de l'allaitement bon pour l'enfant pèse douloureusement sur ses mamelles.
Elle ne se sent que l'énergie de mentir.
Il lui indique les aliments à éviter, la met en garde contre ceux dont l'enfant pourrait ensuite rejeter le goût. Le chou-fleur par exemple. Elle lui répondrait bien que côté chou-fleur elle est déjà copieusement servie mais sent bien qu'ils n'ont pas le même sens de l'humour. Tait donc sa douleur ET son humour. Tout est douteux de toute façon.
L'enfant a bien tenté de téter mais il est vif et grand, il déchire ses chairs malgré lui. Elle a renoncé quand elle a saigné.
Elle essaie depuis de faire disparaître le lait sous la douche, vide un sein puis l'autre. L'eau coule longuement. Elle n'a jamais eu la peau aussi douce, nourrie par ce mélange de lait et d'eau.
L'ami est revenu cet après-midi. Il la regarde dans les yeux, enfin légèrement plus bas de 60 cm. Et l'abreuve de questions.
"Tu vas allaiter en public ? Tu devrais te foutre de ce que les autres en pensent. C'est tellement beau une femme enceinte"
Il en a les larmes aux yeux tellement il le tient son rôle d'hyper-émotif si proche des femmes, de la Femelle sublime son désespoir d'être seul, sans femme à aimer qui elle aussi l'aimerait, le chérirait, le nourrirait. C'est cela ! Secrètement il aimerait qu'une femme qui lui plaise le prenne en charge comme une mère incestueuse.
Il lui jette des œillades destinées à tester son attendrissement et louche une fois de trop sur le décolleté plongeant. Il attend qu'elle sorte l'une des promesses qu il croit lire. Le cadeau qu'il attend comme un dû.
Elle voit rouge.
Bebe dort, honteusement nourri au lait industriel. Mais repus. Elle a le temps.
Elle lui demande s'il veut le voir. Il ne comprend pas de suite. "L'enfant ?" Interroge-t-il ? Il ne peut évidemment pas dire qu'il n'est pas venu pour cela.
Il s'apprête à construire une réponse politiquement correcte mais elle lui jette un regard lourd de sens et l'invite silencieusement à égarer son regard sur ses seins. Il se tait. Elle sort délicatement un de ses seins de nouveau lourd, un peu de lait coule tout seul.
Il écarquille les yeux. Il n'en espérait pas tant. Elle lui fait signe de s'approcher. Il penche la tête et elle sort le second sein.
Tout est silence.
Il s'accroupit et enfouit sa tête entre les 2 mamelles. Il soupire. Elle écarte les jambes pour qu'il vienne entre ses cuisses.
Elle lui caresse délicatement les cheveux puis les saisit et serre ses 2 seins autour de son visage.
Au début il ne fait que s'abandonner à l'extase. Elle lui laisse cependant peu de répit. Elle serre de plus en plus fort, maintient la tête plus fermement.
Il essaie de s'extraire doucement de l'étreinte, n'ose rien dire tellement il préfère prolonger ce moment en suspens plutôt que de tout gâcher par une manœuvre maladroite.
Elle se met à chantonner doucement, puis plus fort.
Il se débat, elle serre. Toute la force, toute la frustration, toute la colère sont concentrées sur ses bras, ses seins et cuisses qui sont en train d'étouffer celui qui a osé la reluquer une fois de trop.
Elle rougit sous l'effort. Il s'agite mais ne peut ni prononcer un mot ni avaler une bouffée d'air. Petit à petit elle le sent glisser dans le sommeil. Elle continue à chanter plus doucement, essoufflée.
Il faiblit et finit par ne plus bouger.
Elle desserre enfin l'étreinte et le corps s'écroule à ses pieds.
Elle reprend son souffle. L'effort a provoqué une abondante poussée de lait. Elle sent que c'est la dernière et appuie sur les seins pour se libérer totalement de sa condition de femelle en pleine lactation.
Elle entend du bruit dans la chambre.
Bebe s'agite. Il ne va pas tarder à se réveiller et réclamer son dû. Légitime.
Elle se lève pour préparer l'eau du biberon.

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Published by Thael Boost
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