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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 00:45

On a tous eu envie, sur un coup de tête, un coup de nerfs, de « péter les plombs », laisser déborder cette énergie dévastatrice qui nous laissera vidés, nus, presque sans vie.



Rares sont ceux qui franchissent le cap et passent à l’acte.



Voici, en fiction, les témoignages et autres aveux que vos cerveaux m'ont livrés !

Passage à l'acte number 11

les Mamelles de l'Humanité

Ses seins sont gonflés à bloc.
Elle est passée d'un déjà imposant 90D à un impressionnant 100E.
La grossesse la remplit de bonheur.
Le lait la remplit d'horreur. Horreur pour son corps qui lui échappe.
Elle aime plus que tout les rondeurs de ce ventre qui n'en finit plus de pousser.
Mais elle rejette ce lait qui transforme la poitrine qui l'embarrasse en pur garde-manger.
Déjà mère avant même d'avoir accouché, elle exercre ce signe ostentatoire de son état de femelle. Elle revendique avoir le choix de ne pas faire office de sandwich à bébé.
Oui la Nature l'a faite avec des seins. Oui elle en a de gros qui plus est.
Oui beaucoup d'hommes et de femmes autour d'elle l'incitent à allaiter.
Oui c'est meilleur pour la santé du bébé la sienne et celle du Papa qui travaille, le pooovre.
Ces injonctions la mettent mal à l'aise. Elle voudrait hurler que non, elle n'allaitera pas. Elle préfère se taire et faire profil bas.
Le poids de la masse bien pensante écrase sa volonté de s'affirmer.
Mais elle construit sa résistance silencieuse. Se renseigne sur le lait infantile. Cherche de l'information aussi sur comment faire stopper les montées de lait. Reste bredouille. Certains sujets rendent plus prolixes que d'autres. Celui-ci ne fait clairement pas partie des priorités du Corps médical. Corps qui ne cesse de la harceler avec ses consentements éclairés. 
Elle a signé tant de décharges éclairées qu'elle se sent comme un ciel d'été orageux, chargé à bloc. Et pas que des seins. Elle est informée que la péridurale peut ne pas fonctionner, la laisser invalide, présenter des séquelles. Qu'on la laisse risquer sa vie en paix.
Le consentement éclairé n'a curieusement rien dit cependant de l'episiotomie. Elle ne le sait pas encore mais la balafre de 17 points lui laissera la délicate sensation d'un trou de balle en chou fleur, rendant tout passage aux toilettes un supplice pendant de longs mois.
Tout ceci n'est rien, direz-vous. Au pire elle se tapera un petit baby blues de rien du tout. On en a vu d'autres. Les femmes, c'était moins des chochottes avant.
Elle puise dans l'amour maternel à venir, dans la présence bien réelle du petit qui pousse en elle et dans les hormones super puissantes l'énergie nécessaire pour écraser ce désespoir et cette solitude.
Et contemple avec résignation ces 2 excroissances qui l'encombrent tandis que son entourage masculin la trouve "radieuse".
L'un d'eux, en particulier. Fraîchement arrivé sur le marché du célibat, il trimballe sa tristesse de jeune largué comme arme de séduction massive.
Elle a rapidement repéré son petit jeu. Il sait qu'elle n'est pas disponible, dans tous les sens du terme. Il se contente de reluquer ses miches tout en draguant ses copines.
Il en est à la 3eme.
Persuadé que "ca ne se voit pas".
Pour la 3eme fois il a "invité" une de ses copines à dîner pour finalement se faire payer le repas. Il a joué les largués éplorés sur l'air de "moi j'aurais tant aimé qu'elle continue à m'aimer. J'ai tant d'amour à donner..."
Dans les points de suspension, elle lit désormais "et de linge à laver et ma vie d'artiste maudit à entretenir" là où les 3 écervelées ont voulu lire la possibilité d'une histoire d'amour.
N'empêche qu'il s'est tapé ses 3 copines et qu'il revient vers elle, la maternelle, surtout après la naissance, pour venir encore et encore se faire plaindre. Et reluquer ses seins qui aspirent à être aspirés !
Elle n'en peut plus de tout ce lait. Le gynécologue lui a demandé de se décider : allaitement ou pas allaitement ? Si pas allaitement je vous mets tout de suite sous traitement, faut vous décider ma petite dame. A 120€ la séance, je n'ai pas de 1/4 d'heure à perdre.
Alors elle a tu son désir et dit qu'elle allait allaiter. Elle pourrait prendre l'ordonnance et ne pas prendre les médicaments mais le poids de l'allaitement bon pour l'enfant pèse douloureusement sur ses mamelles.
Elle ne se sent que l'énergie de mentir.
Il lui indique les aliments à éviter, la met en garde contre ceux dont l'enfant pourrait ensuite rejeter le goût. Le chou-fleur par exemple. Elle lui répondrait bien que côté chou-fleur elle est déjà copieusement servie mais sent bien qu'ils n'ont pas le même sens de l'humour. Tait donc sa douleur ET son humour. Tout est douteux de toute façon.
L'enfant a bien tenté de téter mais il est vif et grand, il déchire ses chairs malgré lui. Elle a renoncé quand elle a saigné.
Elle essaie depuis de faire disparaître le lait sous la douche, vide un sein puis l'autre. L'eau coule longuement. Elle n'a jamais eu la peau aussi douce, nourrie par ce mélange de lait et d'eau.
L'ami est revenu cet après-midi. Il la regarde dans les yeux, enfin légèrement plus bas de 60 cm. Et l'abreuve de questions.
"Tu vas allaiter en public ? Tu devrais te foutre de ce que les autres en pensent. C'est tellement beau une femme enceinte"
Il en a les larmes aux yeux tellement il le tient son rôle d'hyper-émotif si proche des femmes, de la Femelle sublime son désespoir d'être seul, sans femme à aimer qui elle aussi l'aimerait, le chérirait, le nourrirait. C'est cela ! Secrètement il aimerait qu'une femme qui lui plaise le prenne en charge comme une mère incestueuse.
Il lui jette des œillades destinées à tester son attendrissement et louche une fois de trop sur le décolleté plongeant. Il attend qu'elle sorte l'une des promesses qu il croit lire. Le cadeau qu'il attend comme un dû.
Elle voit rouge.
Bebe dort, honteusement nourri au lait industriel. Mais repus. Elle a le temps.
Elle lui demande s'il veut le voir. Il ne comprend pas de suite. "L'enfant ?" Interroge-t-il ? Il ne peut évidemment pas dire qu'il n'est pas venu pour cela.
Il s'apprête à construire une réponse politiquement correcte mais elle lui jette un regard lourd de sens et l'invite silencieusement à égarer son regard sur ses seins. Il se tait. Elle sort délicatement un de ses seins de nouveau lourd, un peu de lait coule tout seul.
Il écarquille les yeux. Il n'en espérait pas tant. Elle lui fait signe de s'approcher. Il penche la tête et elle sort le second sein.
Tout est silence.
Il s'accroupit et enfouit sa tête entre les 2 mamelles. Il soupire. Elle écarte les jambes pour qu'il vienne entre ses cuisses.
Elle lui caresse délicatement les cheveux puis les saisit et serre ses 2 seins autour de son visage.
Au début il ne fait que s'abandonner à l'extase. Elle lui laisse cependant peu de répit. Elle serre de plus en plus fort, maintient la tête plus fermement.
Il essaie de s'extraire doucement de l'étreinte, n'ose rien dire tellement il préfère prolonger ce moment en suspens plutôt que de tout gâcher par une manœuvre maladroite.
Elle se met à chantonner doucement, puis plus fort.
Il se débat, elle serre. Toute la force, toute la frustration, toute la colère sont concentrées sur ses bras, ses seins et cuisses qui sont en train d'étouffer celui qui a osé la reluquer une fois de trop.
Elle rougit sous l'effort. Il s'agite mais ne peut ni prononcer un mot ni avaler une bouffée d'air. Petit à petit elle le sent glisser dans le sommeil. Elle continue à chanter plus doucement, essoufflée.
Il faiblit et finit par ne plus bouger.
Elle desserre enfin l'étreinte et le corps s'écroule à ses pieds.
Elle reprend son souffle. L'effort a provoqué une abondante poussée de lait. Elle sent que c'est la dernière et appuie sur les seins pour se libérer totalement de sa condition de femelle en pleine lactation.
Elle entend du bruit dans la chambre.
Bebe s'agite. Il ne va pas tarder à se réveiller et réclamer son dû. Légitime.
Elle se lève pour préparer l'eau du biberon.

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 22:33

On a tous eu envie, sur un coup de tête, un coup de nerfs, de « péter les plombs », laisser déborder cette énergie dévastatrice qui nous laissera vidés, nus, presque sans vie.



Rares sont ceux qui franchissent le cap et passent à l’acte.



Voici, en fiction, les témoignages et autres aveux que vos cerveaux m'ont livrés !

Passage à l'acte number 10

Le pronostic vital pourrait être engagé

Elle appelle au secours : j'ai mal au dos.

On lui demande en tout premier lieu sa carte de sécu, carte de mutuelle, carte d'identité, carte de groupe sanguin. Après seulement on lui demande si elle a mal et veut s'asseoir.

A 83 ans, elle en a vu d'autres mais, là, ça commence quand même à faire beaucoup.

Le médecin lui demande : vous avez mal aux dents ?

Non

A la tête ?

Non

Au...

Docteur, je connais mon anatomie j'ai mal au dos, uniquement au dos !

Ça fait 83 ans qu'elle le vit ce corps, qu'elle le trimballe, le soigne quand il est malade. Là, elle sent bien qu'il déconne, que la mécanique connaît des faiblesses.


Vous prenez des médicaments pour la tension ? Parce que vous avez 21, ça fait beaucoup.

Oui j'en prends tous les matins.

Vous êtes sûre de l'avoir bien pris ces derniers temps ?

Oui, j'en suis certaine, c'est le dos qui va mal, ma tête va très bien, merci.

Elle se dit que, quand même, il manque de tact ce docteur.

Qu'il manque de douceur, ce personnel.

Qu'on est peu de choses quand ca déconne, très dépendants du bon vouloir du corps médical. Le corps médical déconne. Comme son corps à elle.


Ce n'est pas dans ses habitudes de se plaindre ou de réclamer.

Alors elle encaisse, elle se contient.

Elle est constipée d'ailleurs, c'est comme un signe extérieur de la panique intérieure !

"Il me fait chier ce corps ! Ou plutôt non justement il ne me fait pas chier.

Elle fait rire ses enfants avec ses bons mots.

Elle ne sait pas toujours elle-même si elle est drôle volontairement. Mais rire la soulage un peu.

Rire c'est encore la force, le pouvoir de dire non.

A ce docteur. A ces examens.

Ils lui ont raté le scanner. Le produit de contraste est parti dans le bras.

J'ai un bras qui n'a rien, c'est déjà ça !

Elle le prend avec la légèreté de la résignation.

Voyez comme je sais rire de mes souffrances, de mes malheurs.

Elle commence à en avoir marre quand même.

Elle ne serait pas contre un petit rappel par le bon Dieu.

Elle irait bien dire à feu son mari "Coiffe-toi on dirait que t'as des plumes sur la tête".

Elle pensait que la vie l'oublierait, encore quelques années pour s'éteindre doucement, et elle partirait comme elle aurait vécu, dans un sourire.

Sauf que le crabe est venu s'installer. D'abord dans les seins.

"C'est quand même un comble toute ma vie j'ai eu de gros seins, j'en aurais bien enlevé un peu. Maintenant que je m'en fiche, on m'enlève tout. En plus, avant ça ne se voyait pas que j'avais du ventre, c'était caché par les seins. Du coup, je n'ai plus de seins mais j'ai du ventre. Je suis bien avancée ! Enfin, ma vie sentimentale est finie, je ne trouverai pas un beau, jeune et riche avec un corps pareil".

Le crabe peut envahir beaucoup de choses mais il n'a pas réussi à altérer le sens de l'humour.

On peut rire de tout. Surtout quand on va mourir.

L'oncologue lui parle comme un automate.

Vous avez mal ? Vous allez prendre ceci et cela. Vous allez voir tel médecin.

Il énonce quantités, protocole, opération. Mécaniquement.

Elle ne pose pas de questions, dit oui à tout. Elle laisse ses enfants gérer.

Les enfants voient l'oncologue à part. Il ne se départit pas de son sourire figé de pub pour dentifrice.

"Docteur devons-nous lui dire que c'est un nouveau cancer ?"

"Oui il faut lui dire"

Pas un mot d'encouragement. Pas un conseil. C'est simple. Il suffit de ne rien ressentir. Tu plaques un sourire de merde sur ton visage et tu lui annonces que son "pronostic vital pourrait être engagé".

Un conseil, utilise le conditionnel. Ce qui est idiot puisqu'au fond, le pronostic est engagé pour chacun d'entre nous. Peu de risque qu'on te colle un procès si tu as "engagé le prono" et qu'au final, la personne survit.

Son bloc d'ordonnances est posé sur son bureau.

Ses petites notes sur une feuille, qui réduisent leur mère à un diagnostic, irritent les yeux des enfants.

Les enfants se regardent, ils n'ont pas besoin de se parler. C'est de leur mère qu'il s'agit.

Ils se lèvent, l'un d'eux se saisit du bloc pendant que l'autre immobilise le médecin sur sa chaise.


La porte est fermée. Pour des raisons de confidentialité, la pièce est insonorisée.

Dans la salle d'attente, leur mère s'est assise sagement. Elle attend. Elle ne sait pas, elle, qu'un pronostic vital est engagé.

Elle trouve le temps long, sans ses enfants. Mais elle a l'habitude de ne pas déranger depuis si longtemps. Elle préfère attendre. Elle a mal mais elle est rassurée, ses enfants sont avec elle. Ils savent s'occuper d'elle et lui expliquer simplement ce qu'elle n'a pas compris.



Ils finissent par sortir.

Elle se lève : vous en avez mis du temps !

Oui, on voulait être sûrs de s'être bien compris avec le médecin.

Ah. Oui, bon, vous m'expliquerez plus tard, j'en ai marre d'être ici !

On y va, maman, on y va.

Bonne soirée messieurs dames ! J'espère que vous n'attendrez pas trop longtemps ! Lance-t-elle aux patients qui attendent sagement leur tour.

Je ne l'ai vraiment pas trouvé très sympa ce docteur, les enfants, et vous ?

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 22:43

On a tous eu envie, sur un coup de tête, un coup de nerfs, de « péter les plombs », laisser déborder cette énergie dévastatrice qui nous laissera vidés, nus, presque sans vie.

Rares sont ceux qui franchissent le cap et passent à l’acte.

Voici, en fiction, les témoignages et autres aveux que vos cerveaux m'ont livrés !

Passage à l'acte number 9

Le monde moderne est sans pitié.
Tu te lèves un matin. Ta vie est emplie de certitudes : Paris est la plus belle ville au monde, le chômage va baisser puisqu'on te l'a promis, ton train aura du retard et sera bondé, tes amis sont tes amis et communiquent avec toi. Via Facebook. Enfin ils communiquent. Avec toi, de manière indirecte. De manière voyeuse aussi. Cela a beau être ouvert au public cette intimité étalée au grand jour donne toujours la sensation de regarder par la lorgnette.

Sauf que ce matin-là, la lorgnette est fermée. Tu te rends soudain compte qu'on t'a claqué la porte au nez. Pffffiout disparues les publications, pokes et commentaires. Tu as perdu ton titre de séjour au pays des exhibitionnistes.
Et là, un peu honteux tu décides de passer par la porte de derrière... Tu vas voir sur le mur d'un ami commun s'il a des commentaires. S'il est toujours ami, lui. Et oui, tu obtiens confirmation...

On t'a desamisé.
C'est propre, net et froid.
Pas un commentaire, pas une explication. Tu connais la personne dans la vraie vie, évidemment.

Alors cette rupture amicale, même virtuelle, même puérile, te laisse un drôle de goût.

Et tu réalises qu'il y a des formes de violences ordinaires auxquelles tu ne t'habitueras jamais.

Passer à l'acte c'est ça aussi.

C'est dans la vraie vie.

Et c'est moche.

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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 09:21
Passages à l'acte - number 8 On a tous eu envie, sur un coup de tête, un coup de nerfs, de « péter les plombs », laisser déborder cette énergie dévastatrice qui nous laissera vidés, nus, presque sans vie. Rares sont ceux qui franchissent le cap et passent à l’acte. Voici, en fiction, les témoignages et autres aveux que vos cerveaux m'ont livrés ! Passage à l'acte number 8 Les voies sur berge à Paris sont désormais piétonnes. Pour mon plus grand bonheur, il est possible de vivre en ville et de pouvoir courir au bord de l'eau sans risquer de se faire renverser par une voiture. Les seules autorisées sont celles des agents de sécurité de la mairie de Paris. Parce qu'il faut bien protéger les coureurs, cyclistes, poussetistes, des éventuels voyous qui errent, à l'affût d'un sac à détrousser ! Quelle noble attention, vraiment ! D'ailleurs, en ce beau matin d'été, on sent toute l'osmose entre la population et ces vaillants chevaliers : ils saluent les passants qui passent, sourient aux enfants qui piaillent et discutent ardemment avec les commerçants qui commercent. Je passe à côté d'eux et l'un de ces croisés des berges me salue bien bas et m'applaudit : bravo de courir par ce temps il fait si chaud n'oubliez pas de boire ! me lance-t-il. Bon ok il en fait un peu trop mais je souris de manière indulgente, c'est tellement bon de se sentir en famille. Je parcours quelques centaines de mètres et me sens observée. Je me retourne : la voiture des croisés s'est mise en route et me suit, roulant au pas. Mon "coach" me fait de grands signes d'encouragement par la fenêtre. Chouette, une voiture-balai pour moi toute seule ! Sic. C'est que, justement, j'aimerais bien les éviter, moi, les voitures ! Je fais mine de rien et continue à courir mais rien n'y fait, la voiture ne me dépasse pas et il commence même à jouer de l'avertisseur. Charmant. Ça fait rire les rares promeneurs. Mais pas trop. Un sentiment d'insécurité face à une voiture de sécurité, un comble ! J'accélère un peu, il s'adapte à mon rythme à grands renforts d'encouragements. Je m'arrête pour boire, la voiture s'arrête et il s'exclame "bravo ! Primordial de boire et de se rafraîchir ! L'eau c'est la vie !" Je t'en foutrais moi des leaucestlavie ! La paix c'est la vie, oui ! Il m'interpelle de nouveau : "Vous êtes vraiment courageuse !" Je rétorque : "C'est pas votre cas avec la voiture !" Il ne fait ni une ni deux et descend de son carrosse en s'exclamant que j'ai tout à fait raison et... Qu'il va m'accompagner à pied. Je me mets à courir mais il tient le rythme et continue à m'abreuver de ses encouragements jusqu'à plus soif ! Au lieu de le distancer l'inspiration me vient, au contraire, de le laisser courir à mes côtés. Il en profite évidemment pour me coller et me tient même la taille pour me pousser. C'en est trop pour moi, je décide d'en finir : "Venez , courons plus au bord il y aura moins de monde ! Je cours désormais à l'extrémité de la berge, la Seine est là, toute proche. Le croisé me suit avec docilité. "Vous placez mal vos hanches laissez-moi vous montrer" A mon tour je lui entoure la taille et lui dis de regarder comment il faut faire. Hypnotisé par ma voix il ne décèle que trop tard la petite impulsion que je viens de donner vers la droite. Il dérape, je le lâche et regarde, comme au ralenti, l'expression de surprise se dessiner sur son visage tandis qu'il réalise qu'il va plonger. Je vois l'eau l'engloutir, son effort pour remonter à la surface, son visage tordu de colère et lui lance : "l'eau c'est la vie !" Avant de reprendre ma course : j'ai un footing à terminer et je n'oublierai pas de me re-hydrater régulièrement.
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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 17:28

On a tous eu envie, sur un coup de tête, un coup de nerfs, de « péter les plombs », laisser déborder cette énergie dévastatrice qui nous laissera vidés, nus, presque sans vie.

 

Rares sont ceux qui franchissent le cap et passent à l’acte. Voici, en fiction, les témoignages et autres aveux que vos cerveaux m'ont livrés !

 

Passage à l'acte number 7 - La prévenance

 

- Tu peux récupérer mon colis ce matin, Chronopost doit le livrer vers 9h, je pars courir (baiser empli d'espoir)

- Ok (soupir)

Adieu grasse mat' mais que ne ferait-on pas comme concession à l'approche de l'anniversaire de son cher et tendre.

Ce serait trop simple s'il suffisait d'une bonne résolution du week-end pour rendre la vie simple et facile. Ce samedi matin-là, lendemain de fête, est particulièrement difficile.

Lendemain de fête de la musique, sex alcohol & rock´n roll étaient au rendez-vous et le bateau semble tanguer dangereusement. C'est la tempête, mieux vaudrait rester couchée... The hell with his Chronopost schedule !

Je réussis à me rendormir malgré le roulis. J'entends les vagues puis la cloche sur le pont... Mais quel pont ??? C'est la sonnette de la porte d'entrée. Alerte à bord, le postier est déjà monté et moi je suis en string.

 

- J'arriiiiiive Crie-je pour faire patienter le colis, le roulis, le vo... Bref beaucoup de choses en i !

J'enfile un t-shirt à l'envers, manque partir à la renverse en sautant dans mon jog', passe 5 doigts dans mes cheveux et hop, ni vu ni connu, foi de moi, il l'aura son colis !

- Bonjour, m'enjoue-je un peu trop vite

La femme d'une cinquantaine d'années qui me regarde n'a rien d'une livreuse de colis le samedi matin

- Ah je me suis trompée de porte

J'attends la suite : suis désolée, confuse, toutes mes excuses, vous êtes pâle, ce doit être la chaleur, de la civilité, en quelque sorte.

- C'est quel étage madame Marais ?

Bouche bée.

J'ai beau souffrir d'une crise de gdb manifeste, mon cerveau bouillonne. Pour qui elle se prend celle-là à avoir laissé en options toutes les formules de politesse ?!

Sourire crispé de l'intruse qui, si je n'm'abuse est en train de piaffer.

- Alors ?

- Venez je vous accompagne

J'ai conservé tous mes réflexes malgré le roulis qui a repris de plus belle. Nous prenons l'ascenseur mais mon estomac est resté à l'étage inférieur... Je blanchis. Verdis. Gris. Merci au fabricant qui a eu la présence d'esprit de doter ce petit élévateur exigu d'un beau miroir.

- Vous ne vous sentez pas bien ? Ce n'était pas la peine de monter avec moi

- Si si j'insiste mes parents m'ont appris à toujours être prévenante. Je vais sortir avant vous. Pardonnez-moi par avance, ça doit sortir

- Comment ça ?

Blurpppp. Tout l'excès de rock´n'roll de la veille (certes légèrement chardonnayisé lui splashe sur ses Cho shoes !

Bouche bée.

Je redescends, sans bagage et le cœur libéré en virant de bord.

Je rentre tranquillement chez moi. On sonne à l'interphone.

- Chronopost, j'ai un colis pour vous

- J'vous ouvre. C'est au premier prenez plutôt les escaliers c'est bon pour la santé et notre ascenseur ne fonctionne pas bien ce matin

- Merci ma p´tite dame, sont rares les gens prévenants comme vous de nos jours

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 10:10

On a tous eu envie, sur un coup de tête, un coup de nerfs, de « péter les plombs », laisser déborder cette énergie dévastatrice qui nous laissera vidés, nus, presque sans vie.
Rares sont ceux qui franchissent le cap et passent à l’acte.
Voici, en fiction, les témoignages et autres aveux que m'ont livrés vos cerveaux ! Ou peut-être est-ce juste le mien ? :)


Passage à l'acte number six

Les taxis sont nos amis...

 

Etre conducteur de taxi à Paris ! Vocation dont la finalité est assurément de se préparer une dépression nerveuse sûre et certaine en quelques années !
Un matin, je suis partie à pied, en prenant garde de bien rester sur mon territoire : les trottoirs, seuls lieux de sécurité pour les piétons… tant qu’un scooter ne passe pas par là !
J’assistais alors à une scène "sympathique" !
Les acteurs : un de ces fameux taxis parisiens, qui cache peut être un deuxième conducteur dans le coffre ! Et un conducteur banlieusard, qui a eu la malheureuse idée de ne pas respecter le code de la route. Non pas que les taxis le respectent davantage, mais ce sont les rois du bitume dans cette cité !
Le 93, donc, qui passait par là commence très mal la journée puisqu’il refuse la priorité  au taxi qui débouche sur sa voie. Non content de lui avoir joué ce vilain tour, il reste en plein milieu de la chaussée, empêchant le taxi de se placer à côté de lui au feu.
J’observe le visage du 9-3 : visiblement, n’a jamais laissé de priorité à droite, be sait pas se servir de son rétro, et n'a jamais dû entendre parler de civilité au volant. Il sifflote, sans se douter de ce qui l’attend !
Je me tourne vers le conducteur du taxi : il fulmine, klaxonne, son visage couleur cramoisi !
Il est tellement énervé qu’il fait exprès de s’arrêter trop tard et de cogner le pare-chocs du 9-3 ! Celui-ci semble se réveiller et fait de grands signes indignés par rétroviseur interposé (Il s'est enfin souvenu qu'il en avait !).
Le conducteur de taxi commence alors à adopter un comportement réellement bizarre : il recule un peu… puis fonce de nouveau dans le pare-chocs du 9-3 !
Le conducteur du 9-3 sort de ses gonds et ouvre sa portière. Le taxi en profite pour effectuer une marche arrière. L’autre se met alors à courir vers lui comme un fou. Son pare-chocs n’a rien mais ce doit être une question de principe ! Il y a des règles de civilité à respecter, que diable.
C’est alors que mes yeux fixent de nouveau le visage du conducteur de taxi et que je comprends son objectif ! Non, il ne va pas faire cela tout de même ! Si !
Au moment où l’autre court bien au milieu de la chaussée, il réenclenche la marche avant et file droit vers lui. Le 9-3 a à peine le temps de réaliser qu’il est en danger. Trop tard ! Il est déjà en train de volplaner, de retour vers sa chère voiture, sur laquelle il atterrit lourdement, défonçant le coffre et une partie du toit au passage !
Et notre conducteur de taxi de sourire finalement, l’air satisfait, d’ouvrir nonchalamment sa vitre et de lancer au 9-3 :
« la prochaine fois, tu la verras, la priorité à droite ! »
Et de repartir dans sa course, prenant la première rue à droite avant le feu pour partir plus vite, puisque l’autre, le 9-3 est manifestement en train de provoquer un mini-bouchon.
C’est alors que je l’aperçois : à l’arrière du taxi, un client, accroché à sa poignée et qui me jette un regard implorant, l’air de crier au secours…
Il y a des jours où l’on est content d’être un simple piéton !   

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 12:53

On a tous eu envie, sur un coup de tête, un coup de nerfs, de « péter les plombs », laisser déborder cette énergie dévastatrice qui nous laissera vidés, nus, presque sans vie.
Rares sont ceux qui franchissent le cap et passent à l’acte.
Voici, en fiction, les témoignages et autres aveux que m'ont livrés vos cerveaux ! Ou peut-être est-ce juste le mien ? :)

Passage à l'acte number five
C'est la rentrée des classes

 

C’était la première année d’école de mon tout petit. Rentrée importante pour lui comme pour moi. Je souhaitais mettre toutes les chances de son côté pour que cela se passe bien et l’avais donc inscrit dans l’école la plus proche de chez nous pour qu’il n’ait pas un trajet important le matin et puisse se lever le plus tard possible.

La veille de la rentrée, patatra, on m’annonce qu’il n’y a pas de place dans cette école et qu’il devra donc en fréquenter une autre un peu plus loin.

Cette contrariété face au chamboulement dans mes plans était redoublée par celle de mon tout petit, à qui il allait falloir expliquer le changement de programme. Nos enfants ont parfois des habitudes de petits vieux, difficiles à changer !

Nous fîmes donc la rentrée tant bien que mal dans la deuxième école, lui un peu perturbé de se retrouver face à tant d’enfants à la fois, moi un peu attendrie de voir mon petit devenir moins petit !

Deux jours après, roulement de tambour, suspense, la mairie m’appelle pour me prévenir que, finalement, mon tout petit pourra faire sa rentrée dès le lundi suivant, dans la première école que j’avais choisie.

Toute contente, je lui annonce donc le vendredi que dès le lundi suivant il ira dans sa nouvelle école. J’essuie quelques pleurs parce que, entre deux, il commençait à s’habituer à l’autre, et le lundi arrive, avec de nouveau le beau mélange d’enthousiasme et de peur au ventre de la rentrée scolaire. C'est sa deuxième rentrée scolaire en 3 jours, il faut dire !

Nous nous présentons dans le bureau de la Directrice de l’école, à 8h15 pétantes, comme demandé par la mairie, et sommes accueillis par un réjouissant :

- Qu’est ce que je peux faire pour vous ???


Allons bon, une bourrue ? Qu’à cela ne tienne, je lui explique bien poliment que mon fiston va faire sa deuxième rentrée scolaire chez elle, et que la mairie m’a appelée vendredi en m’invitant à me présenter à l’école ce matin.

- Je ne suis pas au courant ?

Comment cela ?

Bon, je m’efforce d’appliquer la règle d’or : si tu es énervée, tu souffles, tu souffles. Alors je souffle ! Elle prend ma respiration pour un soupir d’agacement et me lance :

- J’y suis pour rien, moi, si la mairie ne fait pas son travail correctement !

- Qu’est ce que vous entendez par là ? Pouvez vous m’expliquer ce qui se passe ?

Je veux bien être compréhensive et souffler souffller, mais les problèmes entre une directrice d’école et la mairie, ça me passe un peu au dessus de la tête à l’heure actuelle. Ce qui m’intéresse moi, c’est de réussir la deuxième rentrée de mon petit.

- Ils ne vous ont pas prévenue ?

- Prévenue de quoi ? Si ! Ils m’ont dit de me présenter ici, lundi à 8h15. Nous sommes lundi, il est 8h20, me voilà donc !

- Le papier, ils ne vous l’ont pas donné ?

- Quel papier ? Cela me parait difficile par téléphone…

 

Elle m’écoute ou quoi ?

- Eh bien, ils auraient du vous donner le formulaire d’admission.

- Je ne sais pas, ils m’ont dit que vous auriez toutes les informations utiles.

- Ils se sont trompés.

 

Elle fait visiblement un blocage sur la mairie, et moi sur la réussite de la rentrée de mon fiston alors si l’une de nous ne fait pas un petit effort, rien ne va se passer ! Je souffle souffle souffle et lui propose d’un ton conciliant :

- Nous pouvons certainement les appeler pour que vous puissiez vérifier les informations dont vous avez besoin ?

- Non, je ne travaille pas par téléphone, j’ai besoin de l’autorisation de l’Académie

Il ne manquait plus que ça !

 

Je n’ai aucune idée de ce dont elle parle, mais j’avise un fax-copieur à l’entrée de son bureau et une idée lumineuse me vient !

- Appelons l’Académie et s’il vous manque un papier, ils pourront certainement vous le faxer ?

Mon fiston en profite, comme mu par une réception télépathique, pour s’approcher du-dit appareil..

- Non non, tu ne touches pas !

 

Non mais comment elle parle à mon fils, celle-là ?? S’il te plait ça t’arracherait ??? Non mais !!! Souffle souffle souffle ! Bon, restons calmes.

- Alors ? Encourage-je la directrice d’une œillade vers le fax.

- Non, leurs services n’ouvrent qu’à 9h30. Vous devrez revenir demain. Désolée, mais ce n’est pas à moi de gérer cela.

Ben voyons, Ponce Pilate incarné en directrice d’école « Je m’en lave les mains ».

J’ai beau souffler souffler souffler je ressemble plutôt à un taureau dans l’arène, à qui on vient de piquer les fesses !

- Ecoutez, Madame, il a fallu que j’explique à mon fils qu’il ne viendrait pas dans cette école. Il a fait sa rentrée dans une autre école et j’ai dû ensuite lui expliquer que finalement, il pourrait venir chez vous. Alors, si ce matin, je dois repartir parce que des adultes n’ont pas fait leur travail, ça me parait désolant. Un petit ne devrait pas subir les conséquences d’erreurs des plus grands, vous ne trouvez pas ?

J’en appelle à sa fibre maternelle. Pourvu qu’elle ait des enfants, pourvu qu’elle ait des enfants.

- Je sais mais je ne peux pas faire autrement.

 

Verdict : célibataire. Endurcie. Mal b… va !!!

 

Je ne souffle souffle plus là, j’éructe, je fulmine, j’enrage. Mes yeux se posent sur le copieur, il semble me faire du charme, m’appeler. Je la saisis par le bras, soulève le capot, lui colle la tête contre la vitre et appuie sur la touche verte.

- Mais enfin, qu’est ce que vous faites ??? hurle-t-elle, tandis que le copieur immortalise son profil écrasé.

Lorsque la copie sort sur le côté, je relâche mon étreinte, saisis la feuille et la punaise sur son tableau d’affichage. Tout en plantant la punaise en plein sur le nez de la photo, je la regarde et lui lance :

- Si demain, mon enfant n’est pas scolarisé, la punaise ira sur l’original. Entendu ?

Elle hoche la tête silencieusement. Je prends mon petit par la main et sors très dignement :

- Au revoir, à demain. Tu dis au revoir aussi mon chéri ?

- Au revoir madame

- C’est bien mon chéri. C’est important la politesse de nos jours. Alors à demain, hein ? Je compte sur vous….

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 09:30

On a tous eu envie, sur un coup de tête, un coup de nerfs, de « péter les plombs », laisser déborder cette énergie dévastatrice qui nous laissera vidés, nus, presque sans vie.

Rares sont ceux qui franchissent le cap et passent à l’acte.

Voici, en fiction, les témoignages et autres aveux que m'ont livrés vos cerveaux !

Passage à l'acte number four

La politesse n'a pas d'âge

 

Je viens encore d’en avoir la preuve : il y a des vieux qui sont nés cons et mal élevés, et l’âge n’arrange rien ! Pas de bonne excuse qui tienne comme quoi vieillir rend imbécile ! Non ! Cela ne fait qu’empirer un phénomène déjà bien présent.

 

Un midi, j’étais tranquillement attablée avec une amie, à l'abri d'une terrasse chauffée, sirotant un thé et babillant aimablement avec elle. Comme il est bon cet instant d’après déjeuner, suspendu dans le temps, ni travail ni repos, juste une pause.

 

La table juste à côté était libre et celle du bout venait de se libérer, après une longue occupation à en juger par le cendrier, largement surchargé de mégots !

D’où nous étions assises, nous pouvions en sentir les relents pas très agréables ! Enfin, la serveuse viendrait bientôt le vider, espérions-nous ! (Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, là, hein ? Quoi un cendrier plein au resto ??)

 

Un couple arrive, la soixantaine hautaine, pas un regard, pas un bonjour, pas un signe de tête. L’ignorance la plus totale. Ils s’installent au bout de la table de 6 à laquelle nous sommes assises. Au moins, une table nous sépare, pas la peine d’être trop près de ce genre d’énergumènes. Nous échangeons un regard chargé de sens avec mon amie : l’âge ne dispense pas des bonnes manières à ce que l’on sache !

Nous reprenons notre babillage, bien décidées à ne pas rompre le charme de cet instant de tranquillité.

Le couple se dispute un peu bruyamment sur le menu.

Elle : et ton cholestérol ?

Lui : quoi mon cholestérol ?

Elle : ben oui ton cholestérol ?

Lui : ben quoi mon cholestérol ?

Elle : ne fais pas l’imbécile qui ne comprend rien !

Lui : mon cholestérol, je l’emmerde ! Et toi avec !

 

Charmant, ce petit couple ! ça donne envie d’arriver célibataire à cet âge ! 30 ans de mariage, ça laisse trop de traces !

L’œillade que nous échangeons avec mon amie est cette fois-ci chargée d’agacement. Ils auraient pu choisir un autre jour pour venir manger ici. Heureusement, la table qui nous sépare est comme un havre de paix, leurs ondes mesquines et désagréables ne nous atteindront pas, foi… de morues !

 

Lui porte un cigare à sa bouche. Manquait plus que ça ! Et la serveuse qui n’est toujours pas venue débarrasser le cendrier, bonjour les bonnes odeurs… Mais son geste reste suspendu au regard meurtrier qu’Elle lui jette !

Apparemment, au bout du mariage, une chose sûre et certaine guette ces messieurs : l’abstinence et pas simplement sexuelle ! Même si l’odeur du tabac nous gêne, notre soulagement est teinté d’une légère forme de pitié pour Monsieur.

Elle, cachée derrière son masque de froideur et de dédain, nous est de plus en plus antipathique. Quelle mégère ! C’est plus fort qu’Elle, le silence ne dure pas longtemps, il faut qu’Elle tire à vue !

Elle : ce n’est pas bon pour toi de fumer !

Lui : c’est surtout toi que ça gêne !

Elle : c’est d’un vulgaire de fumer en public !

Elle nous jette au passage un regard appuyé… Non mais pour qui se prend-elle ? Qu’elle pollue la vie du Monsieur qui l’a malencontreusement choisie, un soir de cuite, ce n’est pas possible autrement, passe encore ! Mais qu’elle nous regarde ainsi, nous, alors que nous ne fumons pas, c’est un peu un comble !

Garde tes ondes, vieille pie ! lui lance-je mentalement.

Comme si elle m’avait entendue, elle me regarde de façon plus appuyée encore, puis détourne le regard. Je pense avoir gagné ! Je l’ai eue cette méchante punaise. Je lance un regard amusé à mon amie, pas besoin de paroles pour se comprendre ! La jeunesse et le bon droit ont triomphé.

C’est là qu’Elle signe son arrêt de mort :

Elle : ah ces jeunes…

On entend les points de suspension ! Elle les prononce clairement et à notre intention en plus !

Lui : quoi les jeunes ?

Elle : toujours en train de fumer !

Lui : pourquoi dis-tu ça, personne ne fume ici ?

Elle : et ça c’est quoi ?

« Ça » désigne le cendrier fort rempli que la serveuse n’a toujours pas daigné débarrasser ! Elle le saisit et le déplace de façon ostentatoire vers mon bras en grognant :

Elle : quelle odeur, c’est insupportable !

Mon amie décide d'intervenir : oui c’est insupportable cette odeur !

Elle : ce n’est vraiment pas bon de fumer !

Mon amie : nous ne fumons ni l’une ni l’autre

Elle : ah ??

Mon amie : aussi, je vous serais infiniment reconnaissante de placer ce cendrier ailleurs, s’il vous plait

Le ton froid ne présage rien de bon, mais ça, Elle ne peut pas le deviner.

Je me souviens d’une fois où, dans un pub, elle avait envoyé promener un homme, il faut dire un peu collant et un peu saoulant, d’une façon tellement autoritaire que j’en étais restée sans voix. Je suis entre de bonnes mains pour moucher cette voisine indésirée )

Elle : mais ce n’est pas mon cendrier !

Mon amie : le mien non plus et vous venez de le déplacer sur ma table, ce qui est très incorrect, vous en conviendrez ?

Oh la la, je sens que ça va être la fête de Elle dans un court instant…

Elle : mais non, n’allez pas me dire que cela vous gêne, ce cendrier était là avant que nous arrivions

Mon amie : il était effectivement très bien où il était, mais placé juste sous mon nez, cela devient très incommodant !

Elle : eh bien, allez donc le remettre à sa place !

 

Aie ! Tu n’aurais jamais dû dire cela, madame !!

Mon amie saisit le cendrier, se lève, approche lentement de la vieille qui la regarde hautainement, persuadée que mon amie va baisser les armes avant elle… Qui s’y frotte s’y pique…

Mon amie lui demande une dernière fois : vous voulez vraiment que je remette ce cendrier et son contenu à sa place ?

Elle : allez-y, ne vous gênez pas !

Mon amie : très bien…

Et lentement, elle retourne le cendrier dont le contenu se déverse sur la magnifique mise en plis de notre charmante voisine.

Puis, d’un pas lent, elle retourne tranquillement s’asseoir en face de moi et me demande d’un ton badin :

tu as vu la météo pour ce week-end ?

Ah non ! Ils annoncent du beau temps ?

Je suis décidément bien contente d’être son amie…

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 13:56

 

On a tous eu envie, sur un coup de tête, un coup de nerfs, de « péter les plombs », laisser déborder cette énergie dévastatrice qui nous laissera vidés, nus, presque sans vie.

Rares sont ceux qui franchissent le cap et passent à l’acte.

Voici, en fiction, les témoignages et autres aveux que m'ont livrés vos cerveaux !


Passage à l'acte number three

Le code de la route expliqué aux enfants


Il est 15 heures, samedi après-midi.

Le Monoprix du coin est bondé, comme d’habitude, les caddies des petites vieilles attendent sagement qu’on vienne les remplir. En laisse, ils papotent entre eux, ravis de ce moment de répit.

Je l’aperçois, incongru parmi ces caddies Jacquard.

Un chien, hirsute, on dirait plutôt une caricature de chien ! Il est, soyons précis, très moche, le poil planté n’importe comment, au grès du vent, petit, les pattes semblables à des saucisses poilues, on pressent aussi qu’il a très mauvaise haleine. Un cabot, quoi !

C’est le genre qui fait systématiquement craquer mon enfant, âgé de 3 ans. Croyez-moi, l’instinct maternel sait s’y reconnaître. Effectivement, il se rue vers le chien, pour le caresser. C’est alors que je rajoute mentalement une quatrième caractéristique à ce tas de poils : il est agressif ! Je le vois retrousser les babines sur des canines toutes jaunes, beuark, et commencer à gronder.

L’instinct me fait crier :

- Ne le touche pas, mon chéri !

Sa main reste suspendue en l’air mais pas l’aboiement. Un vrai de vrai ! Roquet pure souche ! Les pires bestioles que la Terre ait portées…

Je m’apprête à passer mon chemin quand survient la deuxième race de pires bestioles de la planète, j’ai nommé la petite vieille, veuve, maîtresse du chien, que dis-je, sa « mère ». Sa mais…Mère. Qui va lui demander de se taire et « d’arrêter d’embêter comme ça les passants qui passent, sa maman l’est revenue, l’était pas partie longtemps ».


Eh bien non, c’eut été trop beau ! La Mégère me lance un regard courroucé. Eh oh, j’y peux rien moi, si ce chien aboie ! Il fallait pas le sortir ! Elle m’estomaque quand même, en me sortant, furibonde :

- Votre enfant a fait du mal à mon chien, il n’aboie jamais comme ça !

Alors, là, celle-la, on ne me l’avait encore jamais faite. Je lui réponds :

- Oui, c’est vrai, il a voulu lui renifler les fesses mais finalement il l’a trouvé vraiment trop laid !

- Comment osez-vous vous attaquer ainsi à mon adorable chien ?

Mêmes regards courroucés de l'adorable et de sa non moins adorable maîtresse


- Ecoutez, madame (suis-je polie tout de même), nous allons nous quitter maintenant, le débat est clos, avant que je ne m’énerve

- Vous énerver ?? Mais c’est moi qui devrais m’énerver ! On ne touche pas à un chien attaché !

- Votre chien n’a rien à faire dans un magasin d’alimentation, bonsoir madame.


C’est nouveau, ça ! Une fantaisie à sa Mémère ! Je la plante là, finalement assez calme après un tel esclandre et termine tranquillement mes petites courses, avec mon fiston qui babille gaiement, pas du tout sensible à ce qui vient de se dérouler.

Assez calme. Calme. Un bien grand mot. Disons que je suis… Maîtrisée ! Oui, c’est cela, je me domine, je prends sur moi, mais il faut bien reconnaître que je lui aurais bien mis mon pied au c… à ce chien. Et à la maîtresse avec d’ailleurs. Avec plaisir encore !

Je paie mes courses, sourire serein, gestes olympiquement maîtrisés en comparaison à la rage intérieure qui essaie de ne pas bouillir.

Je sors du magasin, le fiston toujours aussi volubile et le cerveau toujours aussi ébullitionnant.

Nous nous apprêtons à traverser mais le feu passe au vert et, là, que vois-je devant nous ? Je dis bien « que » et pas « qui » ! Le couple maudit !

Mon cœur bondit dans ma poitrine. Ils attendent que le feu passe au vert pour les piétons. Le boulevard est très fréquenté à cette heure de la journée. Elle le tient très fermement pour éviter tout accident.


J’hésite un peu entre les deux, puis, suivant mon instinct, je m’approche, élance mon pied droit bien en arrière puis le balance bien fort vers l’avant, et schlack ! le chien valdingue dans le premier pare-chocs qui passe. Le chien aboie de douleur, la vieille se met à hurler, un bouchon se crée rapidement. Le feu piétons vient de passer au vert.

 

J’attrape la main de mon enfant et lui dis :

Tu vois, il faut toujours attendre que le bonhomme soit vert pour traverser sur le passage piétons !

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 12:06

On a tous eu envie, sur un coup de tête, un coup de nerfs, de « péter les plombs », laisser déborder cette énergie dévastatrice qui nous laissera vidés, nus, presque sans vie.

Rares sont ceux qui franchissent le cap et passent à l’acte.

Voici, en fiction, les témoignages et autres aveux que m'ont livrés vos cerveaux !



Passage à l'acte number two

Un footing sinon rien !

 

Le footing, c’est bon pour la santé ! C’est ce que je me tuais à expliquer à mon partenaire de course, Paul. Sujet peu motivé, et que je dois traîner depuis des mois pour qu’il m’accompagne dans cet exercice sacro-saint pour cadres dynamiques !

Finalement, il y a peu, j’ai trouvé la solution à son problème de motivation.

Nous étions en train d’accomplir le premier tour des 3 autour d'un lac que compte notre rituel. Avec pause marche à chaque tour du lac, au cours duquel nous admirons les familles de canards, qui, chaque hiver, renouvellent l’exploit « jésusiesque » de la marche sur l’eau, sur la fine pellicule de glace qui recouvre le lac. Enfin, je dis "nous admirons" là où je devrais dire "j'admire".

Je trouve ces instants magiques et me fais fort de les partager avec Paul qui n’y voit qu’une « augmentation inquiétante du nombre de colverts ».

Malheureux les blasés de ce monde !



Paul pourrait faire partie de la catégorie des pessimistes s’il n’avait en plus cette capacité à envisager le pire, quoi qu’il advienne, ou n’advienne pas, d’ailleurs. Il fait donc partie des rares fatalo-pessimistes qu’il m’ait été donné d’observer. Et à ce titre, il appartient aux espèces protégées…Enfin, jusqu’à certaines limites !

Paul a commencé à me parler de ses problèmes relationnels avec son boss. Une grosse partie de son salaire est payée sous forme de prime annuelle, en fonction d’objectifs à atteindre. Comme le relationnel pêche, son boss a fixé cet aspect comme point d’amélioration pour pouvoir toucher 100% de sa prime.

Paul est persuadé que le boss en a fait exprès parce qu’il sait qu’il n’atteindra pas cet objectif.

Paul refait le monde professionnel à grands coups d’utopies : des dirigeants justes et dont la vénalité n’est pas la motivation principale, dont le souci serait de faire progresser chaque membre de l’équipe sans tenir compte des divergences de caractères. Bienvenue au pays du fatalo-uto-pessimiste, souriais-je intérieurement, en m’efforçant à grands coups de hum hum, et de je vois, de lui faire part de mon intérêt pour le sujet. Je ne sais comment la conversation a peu à peu dévié sur moi, un hum hum de trop certainement !

Toujours est-il que Paul en était arrivé à la conclusion que ma vie était au bord de la catastrophe, que j’allais droit au mur, et autres gentillesses. Autant, quand le sujet restait borné à sa vie et à ses ennuis, je ne cherchais pas à argumenter quoi que ce soit, après tout, chacun vit comme il l’entend. Autant, qu’on vienne se mêler de ma vie ainsi, me hérissait les poils des oreilles (que je coupe méticuleusement tous les 3 jours). S’il y a bien une chose dont j’ai horreur, c’est qu’on s’occupe de MES oignons. Aussi, j’essayais de lui faire comprendre que le sujet était clos. j’avais entendu son point de vue, je dirigeais ma vie comme je l’entendais mais le remerciais de ses conseils.

Et Paul, inconscient Paul, de repartir de plus belle sur le fait que je ne devais pas spécialement faire beaucoup de sport ces temps-ci, vu les quelques kilos que j’avais pris de façon évidente.

Puis de dériver sur le fait que, côté footing, cela ne valait pas la peine de faire semblant de s’en donner autant (de la peine) pour aussi peu de résultats.

Nous en étions au deuxième tour, milieu de la boucle, partie descendante du terrain, un peu glissante et très très près du bord.

Je le sommais de s’arrêter de parler de MA vie, et m’abstenais, dans un élan de générosité, dont je me demande encore l’origine, de lui faire remarquer que ma ligne se portait tout de même mieux que la sienne.

Et Paul de partir dans une diatribe sur le fait que le monde ne le comprend pas, personne ne l’aime, tout le monde refuse de comprendre qu’il cherche avant tout à aider les autres, que la plupart des gens ne le voient pas tel qu’il est, etc.

Etais-je moins bien luné que d’autres jours, en avais-je souper de mon fatalo-uto-pessimiste-sauveteur ? Toujours est il que l’idée me vint d’alléger la planète du fardeau que représentait Paul !

En bas d’une pente peu fréquentée, au coin d’un petit buisson je le poussais à l’eau et, profitant de l’effet de surprise, lui maintenais les bras dans le dos et les attachais rapidement avec mon bandeau anti-sueur. La surprise fut telle pour lui qu’il n’eut même pas le temps de comprendre ce qui arrivait ni de se débattre. Je lui maintenais la tête sous l’eau suffisamment longtemps pour que l’air vienne à lui manquer et… dans mon immense bonté, la relevais pour qu’il puisse reprendre un peu son souffle. Tout en lui posant la question :

Mon cher Paul, souhaites tu que je sois magnanime et que je te sauve la vie ?

Je pris son grognement pour un oui et relâchais l’étreinte pour lui permettre de se dégager.

 

Je l’aidais à se relever et lui lançais :

- Bon Paul maintenant, soyons sérieux, ton souffle, là, ça va pas du tout. Il nous reste plus d’un tour à faire, alors concentre toi et respire mon vieux, respire !

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